Alarme incendie type 1 vs type 2 : quelles différences réglementaires ?

Alarme incendie type 1 vs type 2 : quelles différences réglementaires ?

Choisir entre une alarme incendie type 1 ou type 2 conditionne la sécurité de vos occupants et votre conformité réglementaire. Pourtant, cette décision est souvent source de confusion : quel type pour quel ERP ? Quelles différences techniques ? Basé sur le Code du travail (art. R4227) et le règlement de sécurité ERP (arrêté du 25 juin 1980), cet article vous donne les clés pour distinguer ces deux systèmes et sélectionner celui qui correspond à vos obligations, sans risques d'erreur.
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Définition réglementaire de l'alarme type 1 et type 2

La classification des alarmes incendie en type 1 et type 2 est définie par la norme NF S61-932 et reprise dans le règlement de sécurité des ERP (articles MS 58 à MS 64). L'alarme type 1 est un système d'évacuation généralisée : elle diffuse un signal sonore continu (ou modulé) dans tout l'établissement, ordonnant l'évacuation immédiate de tous les occupants. Elle est obligatoire dans les établissements recevant du public (ERP) des 1re, 2e, 3e et 4e catégories, ainsi que dans les IGH et certains locaux de travail (Code du travail art. R4227-34). L'alarme type 2, quant à elle, est une alarme d'évacuation sélective ou limitée. Elle émet un signal sonore différent (souvent par zones) ou un message vocal préenregistré, permettant une évacuation partielle ou différée. Elle est généralement réservée aux ERP de 5e catégorie (les plus petits) et à certains établissements spécifiques (hôpitaux, hôtels) où l'évacuation immédiate n'est pas souhaitable. Attention : depuis l'arrêté du 18 octobre 2018, les ERP de 5e catégorie neufs doivent également installer un système de détection incendie (type 2) si certaines conditions sont remplies (sommeil, locaux à risques).

Qui décide du type d'alarme ? Rôle de la commission de sécurité

Le choix entre alarme type 1 et type 2 n'est pas laissé à la libre appréciation du propriétaire. C'est la commission de sécurité (CCS) qui, lors de la visite préalable à l'ouverture ou lors des contrôles périodiques, détermine le type d'alarme requis en fonction du classement de l'ERP, de sa capacité d'accueil, de ses activités et de ses risques spécifiques. La CCS s'appuie sur le règlement de sécurité : pour un ERP de 1re à 4e catégorie, l'alarme type 1 est quasiment systématique. Pour un ERP de 5e catégorie, c'est le type 2 qui prévaut. Dans les IGH, des exigences supplémentaires s'appliquent (systèmes de détection incendie et alarme avec transparence phonique). En tant que responsable sécurité, vous devez présenter à la CCS un dossier technique complet (descriptif du SSI, plan de zonage, notes de calcul) qui justifie le type choisi. La CCS peut exiger des modifications avant d'accorder l'autorisation d'exploitation.

Applications typiques : ERP, IGH, locaux professionnels

Les alarmes type 1 équipent principalement les ERP de grandes capacités : centres commerciaux (avec SSI de catégorie A), écoles (ERP de type R), salles de spectacle (type L), établissements de santé (type J) ou IGH. Dans un centre commercial de 50 000 m², par exemple, le déclenchement de l'alarme type 1 doit permettre l'évacuation de plusieurs milliers de personnes en moins de 5 minutes – d'où l'obligation de liaisons avec le CMSI et le désenfumage. Les alarmes type 2 se retrouvent dans les petits ERP (5e catégorie) : boutique de moins de 200 m², restaurant de moins de 100 places, petit hôtel (moins de 5 chambres). Ici, l'alarme type 2 sert surtout à alerter le personnel qui gère l'évacuation. Dans les locaux professionnels (établissements relevant du Code du travail sans ERP), c'est le type 1 qui est exigé dès lors que l'effectif dépasse 50 personnes ou si les risques le justifient (art. R4227-34). Un entrepôt logistique de 100 personnes devra donc une alarme type 1 avec signal sonore standardisé.

Exigences techniques : évacuation, dispositifs sonores et visuels

La différence technique majeure réside dans le signal sonore. L'alarme type 1 doit émettre le signal national d'alarme (SNA) : trois séquences de 100 ms séparées de 100 ms, répétées pendant une durée minimale de 3 minutes, avec un niveau sonore d'au moins 90 dB(A) en tout point accessible. Elle est obligatoirement couplée à un tableau de signalisation et à un système de détection automatique (détecteurs de fumée, de chaleur). L'alarme type 2 peut utiliser un signal sonore différent (discontinu, modulateur) ou un message vocal. Elle n'est pas nécessairement associée à une détection automatique (simple bouton poussoir suffit parfois), mais depuis la norme NF S61-932 de 2018, l'alarme type 2 doit être couplée à des détecteurs autonomes dans les zones de sommeil. En cas de défaillance, les deux types doivent disposer d'une source d'alimentation de secours (batteries) assurant 24 h de veille et 10 minutes d'alarme. Pour les personnes malentendantes, des dispositifs visuels (flash lumineux) sont obligatoires dans certains ERP (type J, établissements de santé).

Coûts d'installation et de maintenance comparés

Le coût d'installation d'une alarme type 1 est nettement plus élevé en raison de la complexité du système : centralisateur de mise en sécurité incendie (CMSI), boucles de détection, avertisseurs sonores répartis, asservissement du désenfumage. Pour un ERP de 1re catégorie, comptez entre 20 000 € et 100 000 € selon la surface, contre 3 000 € à 15 000 € pour un type 2 dans un petit ERP. La maintenance périodique est également plus onéreuse : elle nécessite un contrat avec une société certifiée APSAD, des vérifications semestrielles (visite de l'installateur) et des tests complets annuels. Pour un type 1, la maintenance annuelle peut représenter 10 % à 15 % du coût d'installation. Le type 2, souvent sur détecteurs autonomes, se contente d'un remplacement des piles et de tests mensuels par l'exploitant. En contrepartie, une alarme type 1 mal dimensionnée peut entraîner des surcoûts d'évacuation intempestive (arrêt de production). Pesez le rapport coût-risque : un petit ERP avec activité de sommeil (ex. gîte) pourrait justifier un type 2 étendu avec détection, solution moins coûteuse qu'un type 1 complet.

Cas pratiques : quand passer du type 2 au type 1 ?

Plusieurs situations imposent le passage du type 2 au type 1. Premièrement, en cas d'extension de l'ERP : si votre ERP de 5e catégorie passe en 4e catégorie (par exemple, un restaurant qui double sa capacité passant de 90 couverts à 200), la CCS exigera le type 1 lors de la mise en conformité. Deuxièmement, en cas de changement d'activité : un ancien local commercial transformé en établissement de sommeil (hôtel, foyer) doit passer au type 1, car l'évacuation immédiate y est primordiale. Troisièmement, à l'occasion d'une rénovation lourde : si vous remplacez l'ensemble du système de sécurité incendie, la réglementation en vigueur s'applique, ce qui peut imposer le type 1 même si l'ancien système était un type 2. Enfin, si votre assurance exige des niveaux de protection plus élevés (référentiel APSAD P3), le type 1 peut être contractuellement requis. Dans tous les cas, faites réaliser une étude préalable par un bureau d'études SSI pour anticiper les coûts et les délais.

Obligation de maintenance périodique par type

La maintenance périodique est réglementée par l'arrêté du 25 juin 1980 (ERP) et le Code du travail (locaux professionnels). Pour l'alarme type 1, l'exploitant doit effectuer un essai hebdomadaire (déclenchement manuel pendant moins de 5 secondes pour vérifier le fonctionnement des avertisseurs) et un test mensuel complet (activation de toutes les zones, contrôle des batteries). Tous les semestres, une société spécialisée doit réaliser une vérification technique complète (conformité des équipements, mesure du niveau sonore). Pour l'alarme type 2, la périodicité est allégée : l'essai hebdomadaire est facultatif si le système est autonome, mais un test mensuel de l'ensemble est recommandé. La maintenance annuelle par un professionnel est obligatoire pour les deux types depuis la norme NF S61-932. Attention : toute défaillance constatée doit être réparée sous 48 h dans un ERP. Un défaut non corrigé expose à une fermeture administrative, sans parler des risques assurantiels.

FAQ

Quelle est la différence entre une alarme type 1 et type 2 ?

L'alarme type 1 déclenche une évacuation totale et immédiate de tout l'établissement avec un signal sonore continu (signal national d'alarme). L'alarme type 2 permet une évacuation sélective ou différée, souvent via un message vocal ou un signal différent, réservée aux petits ERP ou établissements spécifiques.

L'alarme type 2 est-elle obligatoire dans les ERP ?

Oui, mais uniquement dans les ERP de 5e catégorie (établissements de petite capacité, comme les commerces de moins de 200 m², restaurants de moins de 100 places). Les ERP de 1re à 4e catégorie doivent impérativement avoir une alarme type 1.

Peut-on remplacer une alarme type 1 par une alarme type 2 ?

Non, ce serait illégal pour un ERP de catégorie supérieure. Seule une modification du classement de l'ERP (par exemple, après désaffectation partielle) ou un changement d'activité pourrait justifier un passage au type 2, mais cela doit être validé par la commission de sécurité.

Quelle est la norme pour les alarmes incendie type 1 et type 2 ?

La norme de référence est la NF S61-932 (Systèmes de Sécurité Incendie - SSI), qui définit les spécifications des systèmes d'alarme. Elle est complétée par l'arrêté du 25 juin 1980 (ERP) et le Code du travail (art. R4227-34) pour les obligations réglementaires.

Combien coûte la maintenance d'une alarme type 1 par an ?

Pour une alarme type 1, la maintenance annuelle par un professionnel certifié APSAD coûte entre 1 500 € et 5 000 € selon la taille de l'installation. À cela s'ajoutent les tests mensuels et les interventions d'urgence. Pour un type 2, comptez 500 € à 1 500 € par an.

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